Claude Bernier

Compostelle - Vallée de

l'Èbre

 


 

© Claude Bernier, 2018

ISBN numérique : 979-10-262-1533-2

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Introduction

En 2015, le choix d’un chemin ne s’était pas fait avec facilité. En quittant Montpellier, l’année précédente, après le Chemin de Stevenson, Arles et St-Guilhem-le-Désert, nous voulions aller marcher en Espagne. Chaque année, notre pèlerinage terminé, nous profitons du souper d’adieu pour fixer le lieu du prochain rendez-vous. Cette fois, au moment de nous quitter, il nous était impossible de préciser la future destination. Après quatorze chemins parcourus, nos possibilités diminuent. Nous avions besoin de temps pour étudier les cartes, consulter des amis et analyser les tracés disponibles.

Un sentier attirait d’abord notre intérêt : celui qui partait du monastère de Montserrat. Cet immense monastère au sommet de son rocher possède tout le prestige nécessaire pour séduire le pèlerin aventurier, même le plus expérimenté. Je m’étais donc procuré le guide du Camino Catalan à l’Office de Tourisme de la Navarre.

Au printemps, à la remise des carnets du pèlerin, des amis rencontrés m’ont fortement déconseillé d’entreprendre ce chemin. L’année précédente, ils étaient partis de Montserrat avec l’intention de parcourir tout le trajet. Dès le départ, ce tracé ne leur avait pas plu. Le sentier croisait constamment l’autoroute qui occupait la majorité de l’espace compris entre les montagnes. Le pèlerin devait fréquemment traverser des sorties ou des entrées d’autoroute, à ses risques et périls, et le tracé serpentait constamment sur des voies d’accès, le long de la route principale. Bref, une situation pénible que le marcheur déteste de ces nouveaux tracés envahis par une intense circulation automobile de notre époque moderne, qui ne laisse rien des chemins millénaires des pèlerins du Moyen Âge. Après trois jours de marche dans ces conditions difficiles, mes amis avaient abandonné leur projet et s’étaient convertis en simples touristes.

Les propos de ces personnes avaient semé l’inquiétude dans mon esprit. Le petit guide présentait un autre parcours : El Camino Jacobeo del Ebro, plus au sud. À regarder de près, ce chemin qui suit en parallèle le plus long fleuve de l’Espagne me séduisait. J’en ai glissé un mot à mon ami belge, Roger Thomas, qui n’a pas été difficile à convaincre, d’autant plus que ce chemin ne présentait pas de longues étapes. Celles qui nous obligeaient à franchir de multiples kilomètres pouvaient se fractionner assez facilement.

Pour les deux autres chemins étudiés, celui qui vient de la France et qui se rend à Montserrat, ou celui qui part du monastère qui longe la base des Pyrénées, les difficultés apparaissaient nettement plus grandes. Roger ne voulait plus de sentiers avec des montées et des descentes de chèvres et moi-même, à 76 ans, j’apprécie les terrains plats et les collines qui ondulent en toute tranquillité.

Notre choix s’est donc confirmé assez rapidement, avant notre départ, qui arrivait à grands pas : nous allions parcourir le chemin de la vallée de l’Èbre.

Vers notre destination

Nous, les pèlerins, nous avons l’habitude de dire que le chemin commence dès que nous quittons la maison.

Partis de chez Roger, à Mariembourg, le 15 août, nous prenons l’avion à Charleroi vers l’aéroport de Reus, à proximité de la ville de Tarragone, en Espagne. Après un premier souper à l’hôtel, une bonne nuit de sommeil, nous nous retrouvons à la gare de Reus, le lendemain matin, pour prendre le train qui va nous amener quelque part entre Aldea et Amposta, deux petites villes situées de part et d’autre de l’Èbre, notre destination. Finalement, nous descendons à la gare d’Amposta.

En ce magnifique dimanche avant-midi, aucun train, aucun bus, pour Deltebre. La dame au comptoir des billets est formelle : il aurait fallu arriver un jour de la semaine. Ici, cette petite ville n’offre aucune forme d’hébergement. Les quarante kilomètres qui nous séparent de Deltebre nous apparaissent difficiles à parcourir à pied, car midi va sonner bientôt. Sur le cadre de la porte, un simple carré de papier : un numéro de taxi. J’appelle. Le véhicule sera ici dans dix minutes.

Le chauffeur se montre très accueillant. Quelle destination ? Deltebre. Quel hôtel ? Aucune idée. L’homme se montre très sceptique. Dans le Delta de l’Èbre, c’est la saison des courses de taureaux. Tous les hôtels sont remplis à leur pleine capacité. Il accepte de nous amener, quitte à nous ramener sans frais supplémentaires, si nous ne trouvons pas à nous loger.

En route, il installe son téléphone. Premier appel : hôtel complet. Deuxième appel : hôtel complet. Nous nous regardons Roger et moi et commençons à penser que partir ainsi à l’aventure n’était peut-être pas une si bonne affaire. D’autant plus que la dame préposée à la vente des billets nous a répété à deux reprises qu’il n’y avait aucun hébergement près de la Estaciόn de Tren, qu’il faudrait reprendre le train et descendre plus au sud, vers Valence. Au troisième appel : une chambre vient de se libérer, une chambre familiale. Les gens ont dû quitter pour un problème de santé. Je demande au taxi de réserver, peu importe le prix. En deux mots, marché conclu. C’est pour nous un grand soulagement. Le chauffeur nous amène devant l’hôtel Rull, le plus bel hébergement de Deltebre, se charge de nos gros sacs et vient nous introduire. Je paie la note immédiatement : 128 $, deux petits déjeuners compris. Ce n’est pas la catastrophe !

Reste tout l’après-midi pour visiter les lieux et préparer notre départ.

En attendant le dîner, nous partons à la recherche de l’Office du Tourisme pour avoir de l’information sur la ville. Nous nous butons sur une porte close. Il est 12h05, les bureaux fermaient à 12h00. Nous revenons vers la croisée des routes. L’endroit, isolé, semble désert. Une jeune fille se tient devant un pupitre vide. Nous lui demandons une carte. Pour 1 euro, nous obtenons le plan de la ville et de la région. Sur la feuille de papier, elle marque d’un long trait le parcours à suivre pour atteindre le point de départ de notre chemin, puis elle appose sur nos carnets du pèlerin le premier tampon de notre voyage. Nous possédons l’essentiel pour nous mettre en route, tôt, demain matin.

Deltebre, l’agglomération la plus à l’est du Delta de l’Èbre, est une station balnéaire de 10 000 habitants qui s’étire le long du fleuve. Son nom vient de l’union de deux mots catalans, Delta et Èbre. La route qui vient de l’ouest se termine au carrefour, à l’entrée de la ville, puis d’immenses marécages s’étendent vers la mer Méditerranée sur plusieurs kilomètres. Les rives du fleuve ne se prêtent guère à la baignade, car de forts courants créent des remous puissants qui peuvent avaler le baigneur qui s’éloigne de la terre ferme.

Le Delta del Ebro est une immense pointe de sable qui s’avance de 25 kilomètres vers le centre de la mer. Ce très long fleuve qui prend sa source aux pieds des monts Picots d’Europa dans la province des Asturies, traverse les deux-tiers de l’Espagne. Le fort débit lors des pluies abondantes a souvent causé des inondations monstres jusqu’aux années 1970 et a charrié des alluvions, pendant des millions d’années, qui ont créé ce delta de 320 kilomètres carrés.

Les premiers habitants du Delta furent les Mores qui fuyaient les armées espagnoles lors de la reconquête de l’Espagne par les chrétiens. Ils se réfugièrent sur ce terrain marécageux, plein de dangers et de maladies pour échapper aux soldats. Ils vécurent alors de chasse et de pêche pendant quatre siècles avant d’être chassés par les Espagnols en 1609.

Au cours des années’50, des barrages ont été érigés et des canaux creusés pour maîtriser ce fleuve dont les inondations causaient des dommages considérables. Aujourd’hui, ce cours d’eau est reconnu comme une richesse pour tout le pays. Ses barrages alimentent la région en électricité en plus d’irriguer les sols, grâce à des milliers de canaux qui distribuent ses eaux à travers la plaine. Le Delta connaît ainsi d’intenses activités agricoles et sa pointe marécageuse héberge un Parc Naturel reconnu par l’UNESCO pour la préservation de centaines de milliers d’oiseaux de trois cents espèces différentes.

Marcher le long de ses rives, en été, donne l’impression d’un cours d’eau qui se fait dorer au soleil. Ses eaux calmes dont le parcours demeure très sinueux serpentent au fond de la vallée. Sans ce fleuve, cette région, aride sur les plateaux, se transformerait facilement en un vaste désert. Dès que le sentier s’éloigne du cours d’eau, la terre s’assèche et la végétation devient maigrichonne.

Pour nous, il était important de partir au tout début du chemin. Même si la route officielle a pris fin aux confins de la ville, un sentier, le long du Canal del Ebro, nous amène jusqu’aux grands marécages qui s’étendent à perte de vue. Autrefois les barques flottantes, tirées par des bœufs, remontaient le fleuve jusqu’à l’intérieur des terres. Les pèlerins étrangers pouvaient descendre et commencer ici leur pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce chemin autrefois achalandé par les pèlerins qui venaient en grand nombre par les rives de la Méditerranée, comme en témoignent les nombreuses églises, est passablement tombé dans l’oubli. Peu fréquenté par les marcheurs (nous n’avons croisé aucun autre pèlerin), il est devenu une piste importante pour les cyclistes qui recherchent des sentiers isolés qui exigent un certain dépassement. Ce GR99 demeure bien balisé et reste accessible à tous.

Au cours de l’après-midi, une longue promenade le long du canal du Delta nous permet de nous imprégner des lieux et de préparer notre corps et notre âme au départ du lendemain. Comme des centaines d’autres marcheurs, nous empruntons le chemin de terre le long de la piste cyclable pour s’avancer en direction de la mer. Une marche en solitaire pendant laquelle les couleurs, les odeurs, le décor en général pénètrent en nous tout en douceur. Chaque chemin possède ses vertus particulières et sème des impressions qui vont croître tout le long de la randonnée. Le pèlerin doit les apprivoiser s’il veut connaître une marche de paix et de bien-être.

Après tant de kilomètres, j’aime encore me laisser porter par ces recommencements qui continuent de façonner mon âme. On a beau répéter que l’on ne fait pas un chemin, que c’est le chemin qui nous fait, cependant, il faut savoir ouvrir son âme.

Au Moyen Âge, les pèlerins arrivaient par le petit port sur la rive opposée à Deltebre. Le minuscule village a conservé son nom ancien : Sant Jaume d’Enveja. C’est de cet endroit que commence officiellement El Camino del Ebro. Une belle promenade et le pont Le Passador relie Sant Jaume à Deltebre. En ce bel après-midi du mois d’août, des centaines de personnes déambulent lentement, profitant du soleil et de la petite brise qui vient de la mer. Tout au long du parcours, les bancs permettent aux marcheurs de s’arrêter, de contempler au loin le grand fleuve qui s’étire paresseusement et de se laisser rêver. Du côté de Deltebre, quelques édifices en hauteur accueillent des touristes, alors que du côté de Sant Jaume, le Parc Naturel conserve ses arbres et sa verdure.

Juste à proximité du port, un restaurant avec terrasse offre une vue sur l’embouchure du fleuve. En plus du paysage magnifique, l’établissement prépare d’excellentes assiettes de poissons, pour un prix modique. Nous irons souper sur la terrasse, ce soir. Quoi de mieux pour bien commencer notre chemin !

 

Le départ

Pour sortir de Deltebre, un pont au-dessus du Canal du Delta qui porte un joli nom, Le Passador, nous amène immédiatement à Sant Jaume d’Enveja (Saint-Jacques l’Ancien) où un escalier en bois nous conduit au sommet d’une dune, El Muntel de les Verges, un petit monument dédié aux quatre vierges qui veillent sur les pèlerins marque le point de départ officiel de notre chemin. Sur place, un grand panneau vert, portant l’effigie de la Communauté européenne, indique Cami de Sant Jaime de l’Ebre. Chacun aura compris que le texte est écrit en catalan et que nous sommes toujours en Catalogne. Sur une bande de plastique brune, autour d’un piquet, un simple rappel : GR99. En toute évidence, nous entreprenons le bon chemin.

Pendant quatre kilomètres, nous allons marcher dans le Parc Naturel du Delta del Ebro, ce qui explique que le sentier est bien encadré : des clôtures en bois de chaque côté, des passerelles au-dessus de l’eau et des avertissements nombreux de ne pas s’aventurer en dehors du sentier. À notre gauche, en dehors du parc, au loin, s’étend la vaste plaine : des rizières à perte de vue. Bientôt, nous arrivons sur le bord du fleuve, des oiseaux partout, des arbres avec des petits fruits pour nourrir la gent ailée. Nous sommes dans un coin de paradis sur un sentier spécialement aménagé pour observer les oiseaux. En ce lundi matin, quelques cyclistes se font discrets et des marcheurs cherchent à profiter de la fraîcheur de l’aube. Notre chemin commence dans les meilleures conditions : un ciel sans nuage, le vent de la mer et un magnifique sentier.

La première étape consiste à faire le vide, oublier ses soucis et se laisser porter par l’ambiance du jour. Simplement marcher, sans réfléchir, sans aucune préoccupation. Faire un pas l’un devant l’autre. Sentir la terre sous nos pieds. Observer les oiseaux autour de nous. Accepter ces gestes simples qui nous apaisent, qui font le pont entre ce chemin de solitude et la vie trépidante des derniers jours.

À la sortie du Parc Naturel, le sentier débouche à l’entrée d’une petite ville, San Carles de la Rapita, située à côté d’un grand port naturel de la Méditerrannée. Cette agglomération tire son origine d’une place fortifiée, construite par les Arabes et qui fut prise par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1268, puis remise aux mains du roi de Catalogne, Pierre III le Grand, en 1680. Au XIIIe siècle, une auberge y accueillait des pèlerins. Nous traversons la ville sans nous y arrêter et nous nous dirigeons vers le Canal de la Rapita que nous allons suivre jusqu’à Amposta. À l’écluse de l’Arispe, sur le bord du Canal Maritime de navigation, construite par le roi Carlos, au XVIe siècle, on peut voir une ancienne tour de défense construite par les Arabes et une nécropole de l’époque romaine. Le long du canal, une petite route qui sert sans doute à l’entretien du cours d’eau rend notre marche très agréable. La température a changé rapidement. Le ciel se couvre maintenant de nuages et nous craignons d’être obligés de sortir le poncho.

Dès que nous arrivons à l’Office du Tourisme d’Amposta, la dame nous apprend que toutes les pensions et les hostals affichent complet. Elle veut bien nous aider. Après une dernière vérification, elle confirme qu’il ne reste qu’une seule chambre à l’hôtel Montsia. Nous n’avons pas vraiment le choix, nous la prenons immédiatement. Sans doute qu’en quittant le Delta, les conditions d’hébergement vont s’améliorer.

La ville d’Amposta, située à un carrefour de routes, est plus imposante et offre tous les services. J’en profite pour me procurer une petite carte pour mon téléphone, ainsi je pourrai envoyer, chaque soir, un mot à ma femme, Micheline, pour qu’elle puisse suivre mon chemin et me repérer sur une carte routière, en cas de besoin. Pendant que je suis à la recherche d’une compagnie de téléphone, Roger se dirige vers la sortie de la ville pour identifier les balises qui nous permettront, demain matin, de quitter les lieux sans inquiétude.

Ancienne capitale de la vallée de l’Èbre, chef-lieu administratif et militaire, Amposta occupe un emplacement privilégié pour veiller sur le fleuve. Les Arabes y construisirent un premier château au XIe siècle et, après la reconquête de l’Espagne par les chrétiens, Ramon Berenger érigea en 1576 son propre château d’une longueur de 130 mètres dont les deux hautes tours, las Torres militares de Sant Joan, pouvaient être perçues de toute la surface du delta. Aujourd’hui, une seule des deux tours a résisté à l’usure du temps et elle est devenue le symbole de la ville, La Torre de la Carroba.

Le matin, à la sortie de la ville d’Amposa, un carrefour de routes rend difficile notre départ. L’autoroute et la voie ferrée, placées en parallèle, font de drôles de croisement et bloquent notre passage. Nous cheminons d’un viaduc à un autre avant de retrouver le canal du Delta que nous allons suivre jusqu’à Tortosa. L’approche des montagnes se fait sentir. Nous délaissons la plaine bien plate pour observer un paysage qui vallonne des deux côtés du fleuve. La pluie s’est invitée au sommet des montagnes, mais nous recevons à peine quelques gouttes. Le chemin le long du canal fait toujours la joie du marcheur.

Nous entrons à Tortosa au son de l’angélus du midi. L’Office du Tourisme déborde de visiteurs au point que nous craignons de ne pas pouvoir nous loger dans cette ville. Dès que la préposée se libère, elle nous conseille deux petits établissements à la périphérie, là où nous venons de passer, car tous les hôtels du centre de la ville affichent complet. Nous nous dirigeons vers les deux établissements mentionnés. Le premier est déjà rempli, mais nous trouvons une chambre à l’hôtel Tortosa Parc pour un prix pèlerin. Cette fois, on commence un peu plus à nous sentir dans notre condition de marcheurs peu fortunés.

Tortosa possède une longue histoire. Elle était déjà une agglomération importante avant l’arrivée des Romains qui l’appelèrent Dertosa. Jules César en fit la capitale des terres basses de la vallée de l’Èbre, puis quelques années plus tard, l’empereur Auguste offrit cette colonie à ses vétérans qu’il appela La Colonia Julia Augusta Dertosa. Après l’arrivée des Arabes sur la péninsule ibérique en 713, l’occupation musulmane dura longtemps, car les Arabes entourèrent la ville d’un mur épais et construisirent des fortifications sur les collines, tout autour. Ici, les signes du pèlerinage sont bien incrustés un peu partout dans la cité. Un quartier Saint-Jacques au centre-ville est clairement identifié. Une grande arche près de la cathédrale rappelle le passage des pèlerins et des coquilles se retrouvent dans les principaux édifices de la ville. L’imposante cathédrale mit 412 ans avant de connaître son achèvement. Dans le portique, on peut voir de très beaux médaillons avec l’effigie de tous les rois de la Couronne d’Aragon.

À la sortie de Tortosa, nous savons que nous quittons définitivement le delta et que nous nous approchons des montagnes en face de nous. Le quartier de Jesus Xertala Estacion de Tren de AldoverVia Verde